La différence de traitement entre les habitants de la Haute-Ville et ceux du quartier Saint-Nicolas est flagrante pour ces derniers. On dirait qu'il est devenu normal de faire moins attention à ceux qui habitent les HLM qu'à ceux qui habitent le centre-ville. Pour preuve, cette dame âgée qui entend commenter des travaux mal conduits, bâclés, ainsi : « Ça leur ira bien comme ça ! ». Comme si, selon le quartier où l'on résidait, on avait le droit à plus ou moins de soin et d'attention de la part de la ville et de ses représentants.
Ce n'est peut-être qu'un mauvais plaisant, ce n'est peut-être qu'une anecdote, anodine. Toutefois, nous ne l'aurions pas retenue si elle ne nous semblait pas révélatrice de la ségrégation qui, disons-le franchement, s'est maintenue insidieusement dans Granville depuis 1962 (Fusion de Granville et Saint-Nicolas-près-Granville), du fait bien sûr de la géographie urbaine mais également, et plus sûrement, de la volonté de garder une image dorée de Granville, quitte à laisser de côté, ceux qui ne correspondent pas à cette image.
Nous ne pouvons pas être fiers d'être Granvillais en sachant cela, personne ne peut l'être. En revanche, nous pouvons décider à partir de maintenant de changer notre regard.
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